Archive pour le 23 juin, 2011

C’est le trois cent quatre vingt douzième fafiot!

Jeudi 23 Juin 2011

(de se rendre compte que la poésie n’a plus cours de nos jours ma brav’dame!)


(Yves Jamait – C’est pas la peine)

 

Chers déconnobloguiteurs et chères déconnobloguiteuses, bonjour!

Nous nous connaissons depuis plus de trois ans. Enfin, quand je dis nous, c’est pour satisfaire le client, car je ne vous trouve pas trop bavards dans les commentaires et vous en savez plus sur moi que moi sur vous.

Enfin passons, ce n’est pas pour vous remonter les bretelles que j’écris ce fafiot, mais comme on nous bassine depuis des semaines avec ce fameux « Indignez vous! » écrit en braille par un vieux chnoque dans un opuscule pas cher, certes, mais qui, ramené au rapport poids, qualité, prix est dix fois plus coûteux qu’un steak hachier de chez Lidl, le spécialiste des mecs qui dégueulent, et bien, une fois n’est pas coutume, je vais suivre le troupeau et je vais m’indigner à mon tour!

Je suis tombé par hasard, la semaine dernière, sur une enquête qui montrait que 45% des SMS, en fait, étaient écrits pour dragouiller. Je m’incline, c’est l’époque qui veut cela. Mais en fouinant un peu, il y avait l’avis très pertinent d’un d’jeuns, qui disait que ses SMS étaient bourrés de fautes d’orthographe, parce que sinon, s’il n’y en avait pas, cela  faisait ringard vis à vis de sa meuf, et que c’était dans le vent!

Vous me connaissez, disais-je au début, malgré mon air bourru, mon esprit obtus et mon short bleu, je suis foncièrement un amoureux des belles lettres. Alors quand j’ai lu cette enquête, j’ai été effaré, et je pensais que la civilisation partait véritablement en couille. Alors là, je me suis indigné. Voir écrire noir sur blanc ces infamies dans le pays de Montaigne, Victor Hugo et Rachid à Darty m’a fait mal un peut partout, surtout là où les poils puent bien.

Je me suis dis : »Franck77, ton heure est arrivée, il faut sauver le bon goût et le retour des belles lettres dans le rapport amoureux ». J’ai voulu donc tester la dragouille à l’ancienne complétée par les moyens modernes en milieu urbain.

Dans un restaurant, un midi, attablée à une table qui jouait donc son rôle de table, une jeune femme, aux cheveux moutonnant, lunettes ovales sur le nez, prenait une collation,  en consultant son portable et en crayonnant dans un calepin. Je me suis dis, tiens, une personne qui utilise un crayon de bois est une personne qui ne fait pas confiance à la technologie, d’une part, et qui sait encore écrire d’autre part! C’est donc sur cette charmante personne que j’ai jeté mon dé velu afin de vérifier que la civilisation n’est pas si noire que dans les enquêtes et que les bonnes manières à l’ancienne ont encore des beaux jours devant elles.

Je m’assieds donc à la table voisine et commandais un Bazooka (je vous donnerais la recette un de ces quatre sans fautes). Je sortis mon papier à lettres filigrané, mon stylo plume dont je tairais la marque, mon buvard, et je me mis à écrire une missive à un parent, qui n’avait qu’une hâte, celle de la recevoir le surlendemain.

Je sentis le regard de la jeune femme attiré par cette plume courant sur le papier et faisant lutter pleins et déliés dans des arabesques littéraires. Cette curiosité de départ a contribué à un début de conversation entre moi et la jeune femme sur des sujets dont j’ai le secret et que je ne dévoilerais pas.

De fil en anguilles, nous parlûmes plus de deux heures, je lui ai offert une tournée de Viandox (boisson désuète mais d’un romantisme fou) et je l’invitais le soir même à diner au même endroit.

Le soir, nous devisâmes de nouveau. Elle m’avouait qu’elle avait un calepin juste pour noter ses rendez vous, et qu’elle préférait communiquer avec ses contemporains par SMS. Intrigué, je lui demandais si elle écrivait les mots en entiers ou en langage texto, et là, ce fut mon tout premier désenchantement. En effet, elle avoua utiliser à peu près 2 voyelles et 5 consonnes pour communiquer!

Affligé par cet aveu, tout de go, je luis dis: « Mélanie (elle s’appelait Mélanie), permettez moi, après nous être quittés, de vous envoyer un SMS digne de ce nom, et vous me direz ce que vous en pensez demain soir puisque je vous réinvite! »

Intriguée, elle fut tout de suite d’accord!

Alors, le soir, en rentrant à mon huître, je pris mon téléphone, et je réfléchis au SMS que j’allais envoyer. J’avais encore dans la tête cette saloperie d’enquête et je tapais, péniblement parce que sur mon téléphone, pour choper un Y, il faut passer par le W, et pour atteindre le « H » aspiré, il faut chercher la 128ème position dans les caractères spéciaux.

Donc je tapais « Mélanie j’t kiff grav, té bonne », et je me glissus dans les torchons en me disant que je lui enverrais demain pour son réveil.

C’est sous le coup des deux heures du matin que je bondis soudainement en sursaut et en sueur en me disant « Non, franck77, pas toi! Tu ne vas tout de même pas envoyer cette merde de texto à une personne aussi charmante! Allons, un peu de courage, travaille ton truc, que diable! »

Je repris donc mon téléphone portable, j’effaçais ce SMS de djeun’s et je me suis mis à écrire quelque chose qui a plus de tenue et dont voici le lit bêlé :

 

Je suis passé à côté d’une pensée.

  Je ne désirais plus l’abandonner

    De douces couleurs elle m’émerveillait

       Et ne fût plus que le fruit de mes pensées

         Je m’endormais d’un sommeil velouté

            De tendres souvenirs et de délicieuses pensées

               Et soudain, agréablement réveillé,

                 J’ai finalement réalisé

                    Que vous occupiez toutes mes pensées.

                       Mélanie, ma douce fée…

                (©franck.mar77)

Le lendemain soir, même endroit même heure, je retrouvis la charmante Mélanie, émue, parce que c’était la première fois qu’on lui écrivait un poème!

Secrètement, je repensais à ce djeun’s qui faisait tomber en pâmoison sa copine parce qu’il lui avait écrit « Zoé, j’kiff ta ras a+ », et je me disais que le monde n’était pas encore perdu si une aussi adorable femme était encore flattée par des écrits.

Forts de cette expérience, nous passâmes une bonne soirée, et tout en lui assurant que j’étais positivement charmé d’avoir fait sa connaissance, en guise de reconnaissance, je lui promis de lui en envoyer un autre le lendemain matin même pour compléter sa collec.

Je n’ai qu’une parole, et ce qui fût dit, et bien, fût fait, comme dirait Humphray.

Je repris le soir même mon téléphone portable, et c’est sous les coups de trois heures du matin, les doigts en sang que je relisais mon SMS:

 

Je connais l’écume, pas cette écume moussante
Cette écume trop blanche,
Mais une écume aux reflets blonds, roux et châtains
L’écume de tes cheveux
Bouclant sur ton si doux visage
 

Je connais le ciel, pas ce ciel menaçant, orageux,
Ni ce ciel couleur trop azur,
Mais un ciel délicieux, un ciel lumineux,
Le ciel de tes yeux
Envoûtant le regard

 

Je connais le rivage, pas ce rivage déchiré
Ce rivage gris, ou pire, bétonné
Mais un rivage rose, un rivage sucré
Le rivage de tes lèvres
Assoiffées de baisers.

 

Je connais les collines, pas ces collines brûlées
Ces collines désolées,
Mais des collines de douceurs, des collines satinées
Les collines de ton corps
Appelant les caresses.

Je connais le Pays, pas ce pays en guerre,
Ce pays sans âme, ce pays en colère
Mais un Pays de tendresse, un Pays merveilleux,
Ce Pays c’est toi, Mélanie
Et j’en suis amoureux.

 Mais je connais le temps qui passe,
Ce temps qui sépare, ce temps assassin,
Mon rêve le plus fou serait
De te murmurer à l’oreille tous les soirs :
A demain… 

                         (©franck.mar77) 

Satisfait du bel ouvrage, enthousiasmé par ce nouveau moyen de communication tout nouveau pour moi, je n’attendis pas le lendemain matin pour envoyer mon Texto, mais je l’envoyus tout de suite, à trois heures 10.

C’est à 6 heures du matin que les gendarmes sont venus me chercher, car une plainte a été déposée contre moi pour harcèlement!

En effet, je ne savais pas que l’humble écrit que j’avais patiemment pianoté correspondait à l’équivalent de 25 messages à l’autre bout! Mélanie, elle qui ne connaissait que des prétendants envoyant des messages primitifs avec des intentions du même métal a vu que la mémoire de son téléphone allait exploser et a cru que je lui envoyais un message toutes les secondes, d’où, sa plainte sérieusement documentée par un dossier épais qu’elle avait sous le bras et qu’elle avait transmis à qui de droit juste avant  la séance de tapissage!

Je ne lui en veux nullement, à Mélanie. Elle est si charmante que je me sens capable de tout endurer pour elle.

Ce fafiot, je viens de vous l’écrire du fond de ma cellule sur mon téléphone portable. J’y suis depuis  lundi sans discontinuer.

Mais finalement, je me dis que oui, la civilisation est devenue pourrie! Car si les visages d’anges à lunettes pour les yeux et à cheveux moutonnant vous envoient au gnouf car vous êtes un poète dans l’âme, alors là, oui, la prochaine fois, je mets mon portable en position vibreur et je le mettrais où je pense pour peaufiner mon extase, car le résultat de mon enquête sera, pour moi, déjà connu!

Il y a cinq minutes, cela me démangeait d’envoyer un SMS à Mélanie pour lui présenter mes plus plates excuses pour autant de goujaterie en si peu de temps.

J’aimerais tant qu’elle me pardonne avant peu, car la poésie y gagnerait beaucoup tant elle m’inspirait.

Mais je crois que ce n’est pas la peine…

 (©franck.mar77)

(Il est à préciser que cette histoire est une pure fiction, et que les textes des deux poèmes ont été déposés et enregistrés aujourd’hui, ces deux poèmes étant donc la propriété exclusive de son auteur propriétaire (figurez vous qu’on m’avait torpillé le second poème 30 minutes après la diffusion du fafiot, comme quoi, il ne doit pas être écrit avec un balai à chiottes!))

Publié dans:déconno-news |on 23 juin, 2011 |19 Commentaires »

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